RICHESSE ET PATRIMOINE MAROCAINS

Le Maroc amazigh à l’heure de la CAN 2025 : Agadir se prépare à accueillir l’Afrique

14/12/2025
Stade Adrar (montagne en amazigh)

Dossier spécial CAN 2025 au Maroc
Article d'ouverture : Le Maroc culturel accueille l’Afrique – CAN 2025 au Maroc | | MaroCulturel

Que visiter à Agadir pendant la CAN 2025 ?

Entre deux matchs au stade Adrar, Agadir offre un programme complet de découvertes : plage, souks, patrimoine, nature… De quoi vivre la CAN comme un vrai séjour culturel.

La plage et la corniche d’Agadir

Point de départ évident : la grande plage d’Agadir et sa corniche, bordée de cafés, restaurants et promenades. C’est ici que beaucoup de supporters finiront leurs journées : coucher de soleil, thé à la menthe, discussion sur le match du jour.

Kasbah Oufella et téléphérique

Sur les hauteurs, la Kasbah Oufella domine la baie avec une vue spectaculaire sur la ville, le port et l’océan. Un téléphérique relie désormais le front de mer au site, ce qui en fait une sortie idéale entre deux rencontres : panorama, ruines historiques, photos de nuit avec le nom “Agadir” illuminé sur la colline.

Souk El Had : le cœur battant de la ville

Impossible de venir à Agadir pour la CAN sans passer par Souk El Had, l’un des plus grands marchés du Maroc, avec environ 6 000 échoppes. On y trouve épices, paniers, tapis, babouches, artisanat amazigh, fruits secs, tajines à emporter… C’est un résumé de la vie quotidienne du Souss Massa.

Musée Mémoire d’Agadir et Jardin d’Olhao

Pour comprendre l’âme de la ville, halte au Musée Mémoire d’Agadir, qui raconte le séisme de 1960, suivie d’une balade dans le Jardin d’Olhao juste à côté : un espace calme, artistique, parfait pour faire une pause loin de l’agitation des matchs.

Médina Polizzi et Crocoparc

  • La Médina Polizzi propose une reconstitution d’une médina traditionnelle, avec architecture inspirée de l’art amazigh, ateliers d’artisans, patios et ruelles colorées.
  • Crocoparc, à l’entrée de la ville, mêle jardin exotique et crocodiles du Nil : une sortie familiale originale pour les supporters venus avec enfants.

Marina, port de pêche et soirées CAN

  • La Marina d’Agadir offre un visage plus moderne : yachts, restaurants, boutiques, terrasses avec vue sur les bateaux.
  • Le port de pêche garde, lui, une ambiance populaire : barques bleues, marché aux poissons, gargotes où l’on déguste du poisson grillé frais après un match.

Excursions : Taghazout et Paradise Valley

Pour ceux qui prolongent leur séjour :

  • Taghazout, village de surf au nord d’Agadir, mélange ambiance bohème, vagues et poisson grillé au bord de l’eau.
  • Paradise Valley, à environ une heure, est un canyon verdoyant avec piscines naturelles, palmiers et rochers ocre : un décor parfait pour une pause nature entre deux soirées football.

Agadir, capitale amazighe en mode CAN

Si Agadir attire pour sa plage, elle est d’abord le visage urbain du Souss Massa amazigh. Pendant la CAN 2025, cette identité va s’afficher partout.

Dans les rues et les tribunes, on retrouvera :

  • des drapeaux amazighs (bleu, vert, jaune, symbole yaz en rouge) aux côtés des drapeaux des sélections africaines ;
  • des maillots de supporters portés sur des djellabas ou des tenues traditionnelles ;
  • des panneaux et slogans mêlant tachelhit, darija et français.

Les cafés diffuseront à la fois :

  • des chansons en tachelhit, du son gnawa et chaabi,
  • et des tubes d’afrobeats, de coupé-décalé ou de ndombolo apportés par les supporters d’Afrique subsaharienne.

La CAN devient ainsi un mélange vivant de “amazigh CAN” et de cultures africaines.

Le stade Adrar, une enceinte mise à niveau pour la fête

Au centre de la fête sportive : le Grand Stade d’Agadir, ou stade Adrar (“la montagne” en amazigh), situé à une quinzaine de minutes du centre-ville et à une trentaine de minutes de l’aéroport.

En préparation de la CAN 2025, plusieurs chantiers ont été menés :

  • extension du parking de 2 600 à plus de 4 100 places ;
  • engazonnement de la pelouse principale et des terrains d’entraînement ;
  • rénovation des zones d’hospitalité, des espaces médias et des vestiaires ;
  • amélioration de la signalisation et du contrôle d’accès, dans le cadre d’un grand parc urbain qui ceint l’enceinte (terrains de padel, terrains multisports, esplanades, espaces verts).

Plus de 500 millions de dirhams ont été mobilisés pour l’aménagement paysager et urbain autour du stade, avec l’objectif de tester la capacité d’Agadir à porter de grands événements avant la Coupe du monde 2030.

Des tribunes aux mariages : la même énergie amazighe

Dans les mariages amazighs du Souss Massa, la fête est un langage total : les vêtements richement tissés, les bijoux en argent, les broderies, les musiques d’ahwach, les chants collectifs accompagnés du bendir, la danse et la participation de tout le village créent un univers de signes et de symboles. À l’heure de la CAN 2025, cette même logique se déplace vers un autre décor : le stade. Les soirs de match à Agadir, les chants de supporters inspirés des mélodies locales, les rythmes de percussions proches de ceux des fêtes de village et les alignements de drapeaux aux couleurs vives rappellent les parures des grandes cérémonies. Comme dans les mariages amazighs, la fête au stade devient un moment où musique, couleurs et identité se répondent et se renforcent mutuellement, et toute la ville d’Agadir se prépare à la CAN comme on se prépare à un grand mariage amazigh : avec soin, fierté et sens du détail.

“Souss Massa foot” : un laboratoire pour demain

Avec la CAN 2025, Agadir se transforme en véritable laboratoire d’un “Souss Massa foot” : un football qui s’exprime en amazigh, qui a le parfum du poisson grillé des gargotes, qui porte les échos des chants de montagne, tout en accueillant les voix venues de Dakar, Abidjan, Yaoundé ou du Caire. Les chantiers autour du stade, la création d’un grand parc urbain, les nouveaux aménagements de la corniche, de la place Al Amal ou encore de la gare routière s’inscrivent dans une vision plus large : préparer la ville aux grands rendez-vous à venir, dont la Coupe du monde 2030 que le Maroc co-organisera. Pour la jeunesse du Souss Massa, cette CAN représente à la fois une fête sportive, une affirmation fière de l’identité amazighe et une grande fenêtre ouverte sur le reste de l’Afrique, confirmant que le Maroc appartient pleinement au continent, non seulement par sa géographie, mais aussi par sa culture.

Agadir, entre océan, tifinagh et ballon rond

En mettant au début de ce récit les lieux à visiter, nous rappelons que la CAN 2025 à Agadir n’est pas seulement une histoire de 90 minutes sur la pelouse.

Entre la plage et Souk El Had, la Kasbah Oufella et la Médina Polizzi, les cafés de la corniche et les gradins d’Adrar remplis de drapeaux amazighs et africains, Agadir offre au continent un visage où le football et la culture avancent ensemble.

La CAN 2025 sera l’occasion de découvrir que, dans le Souss Massa, on vit le ballon rond comme on célèbre un mariage : avec musique, couleurs et identité.

Pour ceux qui veulent profiter de la CAN à Agadir pour explorer les environs, pensez à Taroudant et à la route du safran. Pour en savoir plus, voyez notre article dédié à cette escapade : Circuit Route du Safran : Taroudant, Taliouine & Tizi N’Test | MaroCulturel

Cet article s’inscrit dans notre dossier spécial CAN 2025 au Maroc, initié avec Le Maroc culturel accueille l’Afrique – CAN 2025 au Maroc, et complété par nos analyses sur la mode et le patrimoine ainsi que sur la cérémonie d’ouverture historique.

Auteur
Photo de profil du docteur Zahra Boughroudi

Zahra Boughroudi

Docteure en langues et communication et titulaire d'un master en tourisme et communication. J’ai eu l’occasion de développer l’expertise dans le domaine de la communication touristique. J’ai mené des recherches en ingénierie touristique et en développement du tourisme culturel.